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Politique

N° 545-546 janvier-février 2009

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Sur ce sujet : Grece

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Convergence de la gauche anticapitaliste grecque en perspective

Tassos Anastassiadis

Tassos Anastassiadis, journaliste, est membre de la direction de l’OKDE-Spartakos, section grecque de la IVe Internationale, partie prenante de la coalition EnAntiA.

La révolte de la jeunesse grecque a bouleversé la routine politique, qui tendait à reléguer au second plan les contradictions d’un capitalisme en crise, dans un spectacle tristement politicien fait de scandales, de corruption, de batailles d’appareils sans aucun sens pour la vie des gens, chaque jour plus dégradée. Et ce bouleversement vaut également pour la gauche anticapitaliste, qui avait jusqu’alors prouvé dans les faits son utilité militante, mais aussi les limites de sa réalité organisationnelle. Mais voilà qu’une perspective d’unification de ses forces, déjà en discussion depuis quelque temps, a connu une accélération formidable avec le mouvement des masses ! Des forces de l’extrême gauche grecque se sont mises d’accord pour lancer une perspective de collaboration plus systématique, en fixant comme première étape un grand rassemblement dans un stade couvert d’Athènes pour le 31 janvier, la deuxième étape étant un rassemblement national, par délégations élues — ce qui présuppose, bien sûr, l’avancée considérable d’une structuration locale dans tout le pays.

L’appel pour le rassemblement est lancé notamment par les deux coalitions de l’extrême gauche, EnAntiA et MeRA, qui avaient pris part aux dernières élections législatives et qui ensemble regroupent déjà bon nombre d’organisations et quelques milliers de militant-e-s, mais ceci n’est pas clos. En effet, il reste des organisations et des militants toujours sceptiques sur les possibilités d’une structuration unitaire de la gauche anticapitaliste, après tant de tentatives ratées. En dehors de la mouvance anarchiste — méfiante par rapport aux structurations politiques en tant que telles — et au-delà de deux organisations maoïstes (ML-KKE et surtout KKE-ML) dont la méfiance foncière relève plutôt de patriotismes organisationnels, il existe aussi une partie de la gauche anticapitaliste, certes réduite mais comptant quelques centaines de militant-e-s, qui est attirée par les sirènes du réformisme (KKE et surtout Synaspismos). Construire une gauche anticapitaliste, indépendante de toute manœuvre revenant, même déguisée sous un discours radical, à cogérer le système capitaliste, voilà l’enjeu de masse qui s’ouvre très concrètement aujourd’hui pour toutes les organisations de l’extrême gauche.

Grâce à la formidable explosion de décembre — et parce que dès aujourd’hui, même si nous ne pouvons prévoir les évolutions de ce mouvement, nous pouvons en relever les limites — la perspective de construction d’une gauche anticapitaliste indépendante, qui puisse peser en tant que telle sur la situation politique et dans les luttes de masse des travailleurs, passe de la phase des prémisses à celle de la mise en œuvre concrète. S’il lui faudra surmonter les obstacles hérités d’une histoire faite de vies organisationnelles longtemps parallèles et peu soucieuses de mettre en avant les éléments communs (pourtant manifestes), la boussole pour tout le monde est claire : la situation objective exige une réponse anticapitaliste à la hauteur. ■

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