Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Iran

Mise à jour : Juin 2012

Évènements politiques récents

  • 1989 : Mort de l'ayatollah Khomeyni. Ali Khamenei est nommé au poste de Guide suprême.
  • 2003 : Assassinat sous la torture de la photographe irano-canadienne Zahra Kazemi interpelée alors qu'elle prenait des photos de la prison d'Evine.
  • 2005 : Election à la présidence de Mahmoud Ahmadinejad. Cuisante défaite de Rafsandjani.
  • 2009 : A partir de juin, vague de manifestations du "Mouvement vert" après la réélection frauduleuse d'Ahmadinejad à l'élection présidentielle. Pour Khamenei, la victoire est "indéniable et divine". Répression sanglante des mouvements menée par les pasdarans et leurs bassidjis. Plus d'une centaine de protestataires tués. Les pasdarans sauvent le régime.
  • Mai 2010 : 16 prisonniers politiques kurdes sont pendus. Cela provoque des émeutes dans les régions kurdes.
  • 2011 : s'opposant au Guide suprême, Ahmadinejad veut mettre la main sur les services de renseignement et le secteur pétrolier. Ahmadinejad mène une politique ultralibérale qui lui vaut les félicitations du FMI.

  • 2 mars et 4 mai 2012 : Premier tour et deuxième tour des élections législatives. Les partis réformateurs décident de ne pas y participer. La candidature de plusieurs dirigeants Kurdes est interdite. Au premier tour, les partisans d'Ahmadinejab sont battus à plate couture.
  • 1er juillet 2012 : début de l'embargo pétrolier.
  • Décembre 2012 : Le 17, Réza Shahabi, membre de la direction du syndicat Vahed de la régie des transports de Téhéran et sa banlieue, emprisonné depuis 30 mois, entame une grève de la faim contre ses mauvais traitements.
  • 14 juin 2013 : "élection" présidentielle vérouillée.
  • Chronologie politique de l'Iran
carte de l'Iran

© Inprecor/jr

Synthèse économique actualisée

Population : 77 millions d'habitants. 48 millions d'électeurs. 16% d'Azéris. 6,5 millions (9%) de Kurdes dont les deux-tiers sont sunnites. Turcomans, Arabes, Baloutches. 150.000 Arméniens. Religion : majorité chiite, minorité sunnite, 100.000 chrétiens en 2006 (la plupart de l'église orthodoxe arménienne).

Croissance et PIB : très net ralentissement de la croissance de 7,8 % en 2007 à  1,5 % en 2009.

Chômage: Fort taux de chômage chez les jeune diplômés. 2012 : Le chômage a explosé et se situe officiellement à 14,5% mais la réalité, selon les économistes indépendants, est plus proche des 25%.

Inflation. Monnaie : le rial. 2008 : 28,1 % au troisième trimestre, 2010 : 10 %. 2011 : 30%. En réalité l'inflation annuelle se situe autour de 60%. La hausse des prix est le résultat de la politique menée par le gouvernement d'Ahmadinejad et de la "réforme" des subventions aux produits de première nécessité qui s'inspire des recommandations du FMI. Le pouvoir a tenté de juguler la montée du mécontentement populaire en étalant sur 5 ans les suppressions de subventions sur le sucre, le blé, le riz, le lait, l'eau, l'électricité ou sur l'éssence et le gazole.

Logement. Le prix moyen des logements représentait près de dix fois le salaire annuel moyen d'un ménage en 2007 contre sept fois en 2004.

Pétrole : Le pays détient 10% des réserves pétrolières mondiales prouvées (ce qui le place au 3e rang mondial). Les recette pétrolières représentent 80 % des recettes de l'Etat iranien (novembre 2011). La Chine achète 20% du brut iranien.
L'Iran est aussi un importateur de pétrole car sa capacité de raffinage est trop faible. Faute d'investissement la République Islamique importe plus de 50% de l'essence et du gazole utilisé.
Un embargo européen d'achat du pétrole iranien doit commencer le 1er juillet 2012.
Un tiers du pétrole mondial acheminé par voie maritime transite par le détroit D'Ormuz.

Le gouvernement a une politique clientéliste qui favorise notamment les entreprises des pasdarans (Gardiens de la révolution). Ceux-ci disposent des gros intérêts dans l'économie.

Armement : la quart du budget national.

Industrie :Les constructeurs automobiles européens sont très présents en Iran.

Nucléaire : La centrale nucléaire de Bouchehr est située en zone sismique.
Prolifération : L'Iran possèderait 140 kilos d'uranium enrichi à 20% (mai 2012). Il en faut 250 kg pour fabriquer une bombe nucléaire.

Education. 60% des étudiants sont des femmes. Création d'universités réservées aux femmes ou aux hommes. Restrictions imposées aux femmes avec 77 filières interdites. « Certaines matières ne sont pas adaptées à la nature des femmes» (septembre 2012).

Internet : La République Islamique d'Iran vient de signer un contrat de 120 millions de dollars avec la Chine pour l'achat d'un système de contrôle des flux téléphonique et du réseau internet. La coopération internationale en ce domaine est riche et les entreprises françaises y participent sans ménagement (mars 2012). Le Guide Ali Khameneï a ordonné la mise en place d'un intranet à l'échelle du pays.

Synthèse politique actualisée

Dans la République islamique, le principe de valayat al-faqih consacre la primauté des religieux sur les laïcs. Il a été établi par l'iman Khomeyni.

Le vote aux élections est fortement incité, car il est inscrit sur le shenasnameh (carte d'identité qui sert également de carte électorale) et celui ou celle qui n'a pas voté est clairement identifiable par les administrations.

L'opposition a été très affaiblie par la répression de 2009 (dirigeants en prison ou en résidence surveillée, plus d'accès aux médias).

Forces et et partis politiques

Le système est dyarchique avec deux présidents, un divin, le Guide suprême, et un président élu au suffrage universel. Selon la Constitution, Dieu exerce une souveraineté absolue et préside à l'élaboration des lois.

  • Guide suprême (Rahbar) : Ali Khamenei, au pouvoir depuis 2005. Principal homme fort du régime. Poste permanent, nommé à  vie par une assemblée d'experts élue au suffrage universel direct. Numéro un du régime, il concentre l'essentiel des pouvoirs. Contrôle l'armée, la justice et les médias d'Etat.
  • Président : Mahmoud Ahamadinejad. Ancien maire de Téhéran, au pouvoir depuis 2005. Mandat de deux fois quatre ans qui expire en juin 2013. Chef du gouvernement (pas de Premier ministre). Le président est élu au suffrage universel mais les candidatures doivent avoir l'approbation d'un conseil de religieux non élus.
  • Pasdarans, gardiens de la révolution. Armée parallèle du régime formée de plus de 100.000 hommes. Garde prétorienne de la République islamique. Le guide suprême Khamenei a la haute main sur eux.
    Institution sociale, économique et politique la plus puissante du pays. Ses attributions vont bien au-delà  des aspects militaires. Les milices de volontaires Basidjis ("volontaires ismlamiques") qui sont sous son commandement vont probablement être transformées en forces permanentes.
    Les pasdaran contrôlent un tiers de l'économie et bénéficient des privatisations. Ils ont ainsi acquis par la force la majorité des parts dans le groupe national de télécommunications (monopole).
    Ils ont amélioré leurs positions de pouvoir en participant à  la répression des mouvements démocratiques contre la fraude électorale.
  • Parlement (Majlis). Institution sans réels pouvoirs. Ali Larijani est chef du Parlement depuis 2008. Il regroupe des conservateurs proches d'une ligne plus modérée que celle d'Ahmadinejad.
  • Les khodi désigne le premier cercle de gens liés au régime, militaires, commerçants, miliciens, etc.

  • Motalefh. Parti conservateur.
  • Ali Akbar Hachemi Rafsandjani. Ancien président (1989-1997). Officiellement l'un des personnages les plus importants du régime. Conservateur traditionnel et pragmatique. Il est à la tête d'un des plus grands empires financiers d'Iran. Il a cautionné l'assassinat d'intellectuels démocratiques. Devenu l'une des principales cibles des groupes les plus radicaux gravitant autour du pouvoir.
  • Opposition. Mir Hossein Moussavi, ancien Premier ministre et candidat à la présidentielle de juin 2009, figure de proue du "Mouvement vert". En résidence surveillée. Mehdi Karroubi, en résidence surveillée.
  • Front kurde uni.
  • Parti démocratique kurde iranien (PDKI). Son leadre, Abdul Rahman Ghassemlou, a été assassiné à Vienne.
  • PJAK. Branche iranienne du Parti des travailleurs du Kurdistan. Après avoir mené une importante offensive contre les rebelle Kurdes (été 2011), le pouvoir à Téhéran a signé une trêve avec le PJAK.
  • Moujahidine du peuple.
  • Conseil national iranien (CNI). Coalition d'opposition en exil fondée par le fils du chah, Reza Pahlavi.

Organisations syndicales

  • Comité de coordination pour la création d’organisations ouvrières. Victime de terribles répressions.

Sites recommandés sur l'Iran

Solidaires international Site sur la situation internationale de L'Union syndicale Solidaires. Dossier Iran automne 2012.
(en français).

Solidarité socialiste avec les travailleurs en Iran
(français, anglais, farsi)

Iran en lutte
(français)