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Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Libye

Mise à jour : août 2012

Évènements politiques

  • Février 2011 : le 15, éclatement du soulèvement contre le pouvoir dictatorial du colonel Mouammar Kadhafi. Prise de la garnison militaire de Benghazi. Les masses insurgées de Libye cherchent à renverser, initialement les « mains nues », un régime despotique et à détruire les piliers de son appareil d'Etat répressif. Le noyau dur du pouvoir répressif policier et militaire est attaqué. La sanglante répression avec laquelle ce régime tente immédiatement d'écraser la révolte force cette dernière à se transformer en une insurrection armée, qui remporte initialement la victoire dans une bonne partie du pays. Mais le tyran regroupe et reconstitue ses forces afin de regagner le terrain perdu, face à des milices populaires relativement efficaces en milieu urbain, mais totalement incapables de résister en terrain ouvert contre les pilonnages de l'artillerie et de l'aviation.
  • Mars 2011 : le 19, début des bombardements aériens éffectués par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni contre les troupes de Kadhafi.
  • 2011 : Le 22 août, après six mois de bombardements aériens de l'Otan, les forces rebelles prennent le contrôle d'une partie de Tripoli sous les acclamations des habitants. La garde présidentielle se rend. Le 20 octobre 2011, arrestation et assassinat de Mouammar Kadhafy. Le renversement du régime Kadhafy a fait 45.000 morts.
  • 7 juillet 2012 : élection du Congrès général national, Assemblée de 200 membres.
  • Chronologie politique de la Libye
Carte de la Libye
© Inprecor/JR

Point économique actualisé

Population : 6 millions d'habitants. 2 millions d'habitants à Tripoli et 1 million à Benghazi. 300 à 550 000 Berbères (Amazighen) vivant dan l'Ouest, près de la frontière tunisienne. Le peuple libyen est divisé en tribus. Le pays fait largement appel à une main-d'œuvre immigrée (2,5 millions en 1995) : Africains, Égyptiens, Tunisiens, Palestiniens.

Chômage : Taux de chômage de 30 %.

Croissance : 10 % en 2010.

Hydrocarbures : Les revenus du pays dépendent à 95 % de l'exportation d'hydrocarbures. Le pétrole libyen, de très bonne qualité, représente 3 % des réserves mondiales. La production représentait 2,2 % de la production mondiale avant le début de l'insurrection. L'économie rentière est basée sur la redistribution à quelques uns de pétrodollars et le travail de travailleurs immigrés.
Les puissances occidentales cherchent à contrôler la production pétrolière et ses contrats. Le CNT, selon un accord publié par Libération, a promis à la France 35% du pétrole libyen (1/09/2011).

75 % des produits alimentaires consommés en Libye sont importés.

Le FMI encourage la privatisation partielle du secteur public (télécommunications, routes, ports, santé...).

Point politique d'actualisé

Dans la future Assemblée constituante, un quota limite à 10% les sièges réservés aux femmes.

Partis et forces politiques

  • Congrès général national. Assemblée de 200 membres élue en juillet 2012.
  • ex-Conseil national de transition (CNT). Basé à Benghazi. Constitué en février 2011. Organisé en un conseil (majlès) de 42 membres (liste des membres tenue secrète). Son gouvernement a reçu la reconnaissance diplomatique d'une cinquantaine de pays dont les Etats-Unis et la France. Il est traversé par d'importantes divisions politiques.
    Certains dirigeants de la rébellion sont d'anciens cadres du régime. Le chef du gouvernement, Mahmoud Jibril, a démissionné du gouvernement de Kadhafi au début de la rébellion. Mustapha Abdel-Jalil, président du CNT, aujourd'hui à la retraite), était ministre de la Justice de Kadhafi avant la rébellion. La deuxième t$ete de la CNT est l'avocat M. Ghoba. Il est moins compromis avec le régime précédent.
    Une partie des membres de la CNT sont des anciens du régime Kadhafi, une autre partie sont des libéraux (au sens politique et économique du terme) et une autre partie, faible, sont des islamistes.
    Les puissances européennes ont négocié avec le CNT les ventes futures de pétrole, mais aussi le respect des accords signés par Kadhafi en matière de contrôle migratoire.
  • Gouvernement : Abdel Rahim Al-Kib.
  • Insurgés. Les forces combattantes rebelles n'ont pas de commandement unifié. Les forces rebelles des montagnes de l'ouest, de Misrata et de Benghazi se sont battues séparément. Elles sont composées d'une quarantaine de brigades indépendantes des villes, les katibas, ou de citadins inexpérimentés qui ont pris les armes. Les katibas ont des réticences à se placer sous le commandement militaire unifié du CNT.
    La majorité des insurgés, les thuwars (révolutionnaires) de la base, qui ont pris les armes n'ont pas de passé politique. Ils ont été réaffectés dans les organes du ministère de l'Intérieur ou de la Défense.
  • Frères Musulmans.
  • Islamistes. Regroupés à Tripoli autour de d'Abdelhakim Belhaj.
  • Front national pour le sauvetage de la Libye. Ancien groupe d'opposition principalement constitué d'exilés.
  • Le colonel Mouammar el-Kadhafi concentrait entre ses mains tous les pouvoirs sur une Jamahiriya ("République (ou Etat) des masses") qu'il considérait comme lui appartenant à vie. Son régime de terreur et de corruption a été au pouvoir pendant 42 ans. Les 30.000 "Comités révolutionnaires" jouaient le rôle de parti unique. Il n'y a jamais eu de semblant d'institutions politiques (Parlement, partis, syndicats, associations). Le pouvoir de Kadhafi était basé sur le culte de sa personnalité (et son Livre vert) et un réseau d'alliances familiales et d'allégeances tribales financé par les revenus pétroliers.
    Le régime de Kadhafi a financé des partis politiques des pays occidentaux, comme le Labour britannique de Tony Blair de 2004 à 2010.
  • L'armée de Kadahfi. La structure de défense du régime de Kadhafi reposait essentiellement sur des gardes prétoriennes (15.000 combattants) et des mercenaires plutôt que sur l'armée régulière. Ce système, totalement lié à la famille Kadhafi, s'est écroulé.
Carte de Tripoli
Tripoli © Inprecor/JR

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