Syrie
Mise à jour : 2013
- 1962 : 300.000 Kurdes sont privés de la nationalité syrienne et se retrouvent apatrides dans leur propre pays de 1965 à avril 2011.
- 1963 : arrivée au pouvoir du parti Baas qui tient un discours panarabiste et socialiste. Il cherche à apaiser les secteurs puissants de la communauté des affaires.
- 1970 : le 13 novembre, coup d'Etat qui renverse Salah Jedid. Arrivée de Hafez Al Assad au pouvoir.
- 1982 : en février, une révolte à Hama organisée par les Frères musulmans est victime d'une impitoyable répression. La ville est écrasée sous les bombes. La ville est privée d'eau pour faire fuir la population, avant que toute personne trouvée dans les ruines soit abattue. La police de Hafiz al-Hasad fait entre 10.000 et 40.000 morts civils.
- 2000 : Bachar Al-Assad succède à son père.
- 2007 : bombardement d'Israël contre un réacteur nucléaire en Syrie.
- 2008 : sécheresse. Privatisation de terres subie par plusieurs centaines de milliers de paysans dans le nord-est.
- Février 2011 : Le 17, un jeune se fait tabasser dans la rue par des policiers pour une probable simple contravention de circulation en plein centre de Damas. Aussitôt une manifestation d'environ 3.000 citoyens proteste, les manifestants crient pour la première fois « le peuple Syrien refuse d'être humilié ».
- Mars 2011 : Début du soulèvement anti-Assad. Le 6 mars, les services de sécurité arrêtent à Deraa, près de la Jordanie, une quinzaine de garçons de moins de 15 ans. Influencés par les révolutions égyptienne et tunisienne, ils ont tagué sur le mur de leur école « le peuple veut renverser le régime ». Ils sont torturés sauvagement par le chef de sécurité Atef Najib, le neveu du président. Le 15 mars, une trentaine de jeunes manifestent à la mosquée d'Omayyad dans la vielle ville de Damas, réclamant la liberté et la dignité. Tous sont arrêtés. Le 18 mars, déclenchement du processus révolutionnaire. Dans la ville de Deraa, une manifestation pacifique de masse envahit les rues réclamant la libération des enfants et la levée de l'état d'urgence. La riposte des forces de sécurité est d'utiliser les armes à feu contre les manifestants pacifiques. Des centaines des morts et des blessés, des détentions. Les 20 et 21 mars encore des manifestations et massacres à Deraa, le 22 mars des manifestations à Deraa et Nawa, le 23 mars encore Deraa et le cycle de manifestation et de répression. A partir de 25 mars manifestations dans les banlieues pauvres de Damas et la ville côtière Lattaquié. Chaque manifestation a son lot de morts, blessés et arrêtés. A partir de la fin mars le mouvement de contestations devient national.
- Mai 2011 : le 15, pour commémorer la Nakba, des Palestiniens du Liban et de la Syrie se rassemblent à la frontière avec Israël. Les militaires israéliens n'hésitent pas à tirer sur les manifestants, faisant au moins douze morts.
- 1er juin 2011 : Entre 150 et 200 morts à Hama au cours d'une manifestation pacifique de la population munie de fleurs.
- juillet 2011 : Le nombre des manifestants est estimé à quatre millions, dont environ 200 000 dans la ville de Hama. le 31, la veille du ramadam, assaut de l'armée avec des chars contre les habitants de Hama et d'autres villes (au moins 300 morts).
- Octobre 2011 : assassinat de l'opposant kurde Mechaal Tamo.
- Mai 2012 : massacre de Houla. 108 morts dont 49 enfants.
- Juillet 2012 : 40% à 50% du pays est contrôlé par la révolution et les villages sont gérés par des comités locaux. Offensive de l'ASL à Damas.
- Juillet- août 2012 : Bataille d'Alep, la deuxième ville du pays. 20.000 soldats du régime assiègent et bombardent la ville.
- Janvier 2013 : bombardement aérien de l'université d'Alep, 90 morts. 200 morts par jour.
- Chronologie politique de la Syrie
Population : 21 millions d'habitants. Les personnes de moins de 30 ans forment 65 % de la population.
Religions : Majorité sunnite (60%). Minorité alaouite, une dissidence chiite (4 tribus, 2 millions, 12% de la population) à laquelle appartient le clan Assad et dont sont issus une majorité des officiers supérieurs de l'armée baasistes. Tous les alaouites ne sont pas pour Bachar el Assad. Les clans des Khayer, des Aboud et des Othman y sont opposés). Les mourchidieh sont une secte dissidente minoritaire de l'alaouisme. Certains dirigeants chrétiens soutiennent le régime de Bachar al-Assad.
3,4 millions de Kurdes (9%) majoritairement sunnites. Druzes.
Importante population palestinienne, au sein de laquelle la gauche palestinienne est bien représentée. Le plus grand camp de réfugiés palestiniens est à Yarmouk, au sud de Damas.
Le jeu du pouvoir face à la révolte consiste à provoquer des violences sectaires dans la population.
Énergie. La Syrie produit 400.000 barils de pétrole par jour dont 90% étaient exportés vers l'Europe. Le groupe français Total réalise 1,6 % de sa production en Syrie (septembre 2011). Dans le pays, pénuries de plusieurs produits essentiels, tels que le mazout et le gaz avec des longues ruptures d’alimentation en électricité (avril 2012).
Chômage. 2012 : de l’ordre de 20 % à 25 %, atteignant 55 % pour les moins de 25 ans.
Pauvreté et richesse. Le pourcentage des Syriens vivant sous le seuil de pauvreté est passé de 11 % en 2000 à 33 % en 2010, tandis que 30 % sont juste au-dessus de ce niveau. Le clan Assad, notamment autour de cousin Rami Makhlouf, à travers les processus de privatisation, a accaparé plus de 60 % des richesses économiques de la Syrie.
Point actualisé politique
Le peuple syrien vit depuis des décennies sous la répression d’une oligarchie sanguinaire et corrompue. Le pouvoir est monopolisé par le parti Baath, sous l'égide de la famille de l’ancien dictateur Hafez el Assad, auquel a succédé son fils Bachar.
Il y a 15.000 prisonniers politiques dans le pays. (août 2011). Le nombre de morts depuis le début de la révolution est estimé à plus de 100.000 (avril 2013). Plus de 400.000 Syriens se sont réfugiés à l'étranger. 2,5 millions de personnes ont fui leur domicile et 1,2 millions ont été déplacées (novembre 2012).
La Russie est alliée à la Syrie et y dispose d'une base militaire. Elle est son premier fournisseur d'armes.
Kurdistan syrien. Un des premiers gestes que Bachar al-Assad a fait lorsque le soulèvement a commencé a été d’accorder la citoyenneté à certains Kurdes syriens, privés jusque-là de droits civiques. Plusieurs forces kurdes soutiennent l’opposition en insistant sur leurs propres revendications. Ils exigent une affirmation très claire de soutien aux droits nationaux des Kurdes. La communauté kurde se revendique majoritairement dans l'opposition.
Partis au pouvoir
- Parti Baas. Bachar al-Assad, président dictateur, fils du dictateur Hafez al-Assad. La famille régnante Assad et l'élite militaire de la nation font partie de la secte chiite alaouite, une petite minorité dans un pays majoritairement sunnite. Bachar al-Assad a établi son pouvoir par la terreur, la cooptation et la loyauté de secte. Il a créé de multiples organes de sécurité, dirigés essentiellement par des Alaouites.
Le cousin du président syrien contrôle 60 % de l’économie du pays. Sa richesse personnelle est estimée à 6 milliards de dollars.
Bachar al-Assad était l'invité d'honneur de Sarkozy le 14 juillet 2008.
Les shabbiha sont les milices civiles alaouites du pouvoir. Souvent composées de délinquants, elles font régner la terreur et sont chargées des pires besognes. Elles sont responsables de massacres horribles.
Al-Moukhabarat sont les services de renseignements. Ils jouent un rôle de premier plan dans la répression (arrestations, tortures).
Quotidien : Al-Baath.
- Armée. Les généraux font partie des décideurs du premier cercle d'Assad. 12 entrepôts d'armes chimiques.
- Parti social-nationaliste syrien (PSNS). Parti pro-régime prônant l'instauration d'une grande Syrie au-delà des frontières actuelles du pays.
Opposition
- Coalition nationale syrienne (CNS). Principal rassemblement d'opposants. Créée à Doha en novembre 2012. Englobe l'ancienne CNS. La formation la mieux organisée de cette coalition sont les Frères musulmans. Présidée par un religieux modéré, Moaz Al-Khatib (démission en mars 2013). Le secrétaire général est l'homme d'affaires Moustapha Sabbagh.
Regroupement hétérogène allant des Frères musulmans jusqu’à des gens de gauche, en particulier le Parti démocratique du peuple, avec quelques personnes liées aux États-Unis et à la France.
Le CNS est divisé sur la question de la demande d'intervention armée étrangère.
- Comités locaux de coordination (CLC). Les tansiqiyat sont les coordinations qui organisent la résistance et le soulèvement dans les quartiers et à l'échelle d'une ville. Il y a une direction nationale des coordinations.
- Antalya. Groupe qui rassemble les opposants syriens.
- Comité de coordination nationale pour le changement démocratique (CCNCD). Fondé le 30 juin 2011. Regroupe des opposants nationalistes (Nassériens et Baathistes opposants), les partis du « Rassemblement de la gauche marxiste », des partis Kurdes qui se sont retiré rapidement (à l’exception du PYD) et des personnalités indépendantes. S'oppose à toute intervention étrangère, contrairement au CNS.
A adopté un document qui accepte une négociation avec le régime pour une « transition démocratique » et appelle à la constitution d’un gouvernement « d’union nationale » (mars 2012).
- Rassemblement de la gauche marxiste. Comprend le PAC, et d’autres.Une des composantes de la CCNCD. Publication : La voie de la gauche.
- Maan. Crée le 23 juin 2011 par des anciens militants de la gauche radicale, c’est un mouvement démocratique révolutionnaire. A rompu avec le CCNCD.
- Coalition Watan, la Patrie. Direction politique révolutionnaire de masse qui a vu le jour en février 2012. Elle regroupe des groupes de gauche révolutionnaire actifs dans les luttes loin de toute médiatisation. Ccomposée aujourd’hui de dix-sept forces et groupes militants issus d’horizons différents (mai 2012).
- Conseil national de soutien à la révolution syrienne » (CNSSR). En concurrence avec le CNS. Appelle clairement au renversement militaire du régime par des puissances extérieures. Incarné par l’ex-vice-président syrien Amdelhalim Khaddam. Ne semble pas avoir une réelle influence en Syrie, mais cherche à être l'interlocuteur des grandes puissances dans la perspective d’une chute du régime.
- Armée syrienne libre (ASL). Désigne les multiples groupes armés en Syrie. Armée clandestine constituée à l'origine de déserteurs. L’essentiel est aujourd’hui constitué de civils, qui ont volontairement rejoint ses rangs, en raison de leur enthousiasme envers la révolution, ou parce qu’ils font l’objet de recherches des services de sécurité pour avoir participé aux manifestations. La plupart des civils volontaires dans l’armée libre sont issus des couches sociales marginalisées. Depuis début novembre 2011, leurs faits d’armes se sont renforcés. Leur principal rôle au départ était de protéger les opposants pendant qu’ils manifestent. Ils pourraient être entre 10.000 et 40.000. Ils disposent d'un armement léger et insuffisant. Bien intégrés à la population.
Ces groupes révolutionnaires armés sont séparés et isolés et il leur manque un commandement militaire unifié et une direction politique.
- Unité de Résistance Civile (URC). Établie en août 2012 à Damas. Branche de l’ASL dédiée à l’organisation des actions de résistance et à l’unification des forces populaires pour former un corps militaire conjoint. Les efforts de l’URC se concentrent pour l’instant principalement sur Damas et sa banlieue.
- Conseil supérieur militaire syrien. Présidé par le général Moustapha al-Cheikh, en coopération avec l’ASL. Le Conseil militaire est également en charge de contacter les hauts officiers au sein de l’armée régulière pour les encourager à faire défection en groupe, et non seulement en tant qu’individus.
- Comités locaux de coordination (CLC). Ils sont la représentation la plus authentique de l’insurrection, dans le sens où ils en sont les principaux organisateurs. Des réseaux similaires organisent le bouleversement dans toute la région. Ce sont des réseaux qui regroupent surtout des jeunes et coordonnent la mobilisation, surtout en utilisant Internet. Les CLC ne sont pas une direction politique.
- Courant de la gauche révolutionnaire. Groupe de militants marxistes révolutionnaires, engagé dans le processus révolutionnaire. Ce groupe a vu le jour publiquement par la publication, en octobre 2011, du programme de transition de la gauche révolutionnaire en Syrie. Il publie un mensuel : Amami (« La Ligne de front »). Réunit des marxistes révolutionnaires en Syrie et en exil.
- Parti d'action communiste (PAC). Créé à la fin des années 1970, il comptait dans ses rangs des courants staliniens révolutionnaires et même un courant trotskiste. Certains de ses membres ont pu reconstruire le parti et former une coalition avec d’autres organisations issues de la tradition communiste, le Regroupement de gauche marxiste.
- Parti démocratique du peupke (PDP). Issu du Parti communiste. Fait partie du CNS.
- Parti communiste syrien. Ce parti (stalinien) a été créé dans les années 1920 et a conservé son unité jusqu’au début des années 1970. Puis, il a commencé à se diviser et à se fractionner, pour donner naissance, au début des années 2000, à quatre partis. Trois sont restés fidèles à Moscou et ont rejoint l’appendice de la dictature, soit en adhérant au Front du parti Baas au pouvoir, soit en formulant de l’extérieur des critiques très timides des politiques économiques du régime. Le quatrième parti issu de cette division s’est démarqué du régime depuis le milieu des années 1970 et a rejoint l’opposition, s’exposant ainsi à la répression et aux poursuites durant les décennies passées. Dans les années 2000, il est devenu un parti libéral, dénommé le Parti démocratique du peuple.
- Front du Changement et de la Libération. Composé des partis Volonté Populaire, nouvelle appellation du parti de Kadri Jamil, L’unité des Communistes, une des scissions du Parti communiste syrien - Khaled Bagdach, et d’une des fractions du Parti national social syrien, dirigée par Ali Haïder, ces deux partis étant proches du pouvoir. En raison des positions de leurs dirigeants face à la révolution, beaucoup de leurs cadres ont quitté leurs rangs, notamment les jeunes pour rejoindre le mouvement révolutionnaire.
- Partis kurdes
- Parti de l'Union démocratique (PYD). Principal parti kurde de Syrie, lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Fait partie du CCNCD. Chef : Mohammed Salh Muslim.
- Conseil national kurde. Abdulbaset Sieda. Dans l'opposition.
- Organisations islamistes
- Jabhat Al-Nosra. Le Front de secours. Groupe djihadiste sunnite inspiré par al-Qaida. Partisans d'un État islamiste salafiste. Manipulés par le régime de Bachar el-Assad d'une part et soutenus par les États du Golfe d'autre part. Responsable d'attentats suicides.
- Tajamo Ansar Al-Islam. Rassemblement des partisans de l'Islam. Groupe djihadiste sunnite.
- Comité de défense des libertés démocratiques en Syrie (CDF). Fondé en 1989.
- Organisation nationale des droits de l'Homme en Syrie. Présidée par Ammar Qurabi.
- Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Rami Abdel Rahmane.
- Union des étudiants libres de Syrie (SFSU). Fondée le 29 septembre 2011, l’Union constitue un bastion politique et syndical de la résistance pour une société démocratique dans la vie du mouvement étudiant. Le SFSU a joué un rôle majeur dans les campagnes de grève et de désobéissance civile en janvier et février 2012.

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