Égypte مصر
Mise à jour : 2012
- 1954 : Gamal Abdel Nasser, "officier libre", arrive au pouvoir avec le soutien des Frères musulmans.
- 1981. Moubarak au pouvoir.
- 2010 : En juin, le jeune Khaled Said est battu à mort par la police.
- Janvier 2011 : Le 25, manifestations. Les premiers appels à faire tomber Moubarak sont lancés par des organisations de jeunes révolutionnaires, place Tahrir, au Caire.
- Février 2011 : Les 1er et 2 février, deux millions de personnes place Tahrir. Les baltagiya ("voyous", bandits armés) attaquent les manifestants de la place Tahrir à dos de chameau (1 mort et 600 blessés).
- 11 février 2011 : chute de Moubarak qui remet le pouvoir à l'armée. La Constitution est suspendue, le Parlement dissous. Le pays est dirigé par le Conseil supérieur des forces armées (CSFA).
- Mars 2011 : Loi syndicale permettant la création de syndicats indépendants. Cette loi est bloquée par le CSFA. Le 9 mars, soit moins d'un mois après la chute de Moubarak, la police militaire disperse par la force les occupants de Tahrir, avec l'aide de baltaguis, des voyous en général payés par le pouvoir. Le 19 mars, le referendum sur la Constitution provisoire donne au Conseil militaire une base légale pour assurer la Présidence de la république. Dès le 23 mars, les grèves sont criminalisées et des travailleurs en lutte sont traduits devant les tribunaux militaires.
- Avril 2011 : chaque semaine ou presque les mouvements révolutionnaires appellent à d'immenses manifestations. Les slogans sont chaque fois plus hostiles au CSFA dont l'intention de rendre le pouvoir est mise ne doute.
- Octobre 2011 : les baltagiya pourchassent les coptes. Ce sont les mêmes que les services de Moubarak utilisaient déjà pour troubler les élections. L'armée, la police et le ministère de l'Intérieur continuent à les déployer dans les rues pour semer la panique.
- Novembre 2011 : Début des élections législatives qui se déroulent sur plusieurs mois (jusqu'en janvier 2012). Le scrutin est marqué par la nette domination des formations islamistes qui raflent près de la moitié des sièges, au détriment des partis libéraux et des mouvements issus de la révolte anti-Moubarak (2%).
- 28 novembre 2011 : des affrontements font au moins 42 morts, principalement au Caire. Le CSFA s'engage à remettre le pouvoir à un président élu avant le 30 juin.
- Décembre 2011 : Le 17, l'armée tire à balles réelles sur les manifestants et fait 13 morts et des centaines de blessés.
- Janvier 2012 : Élections législatives. Victoire écrasante des Frères musulmans qui totalisent 45% des voix. Les salafistes remportent le quart des suffrages. Défaite des mouvements révolutionnaires dans les urnes. Massacre de 74 personnes au stade de Port-Saïd suivi de nouveaux affrontements au Caire. Les victimes sont des « Ultras », supporters du Club du Caire El Ahly. Ils sont punis pour leur participation déclarée à la révolution.
- Juin 2012 : Le 14 juin, le CSFA dissout le Parlement dominé par les Frères musulmans et les salafistes. L'armée reprend le pouvoir législatif et budgétaire et un droit de veto sur la rédaction de la Constitution. Élection présidentielle. Fraudes du côté des deux candidats finalistes, Mohamed Morsi (Frères musulmans) et Ahmed Chafiq (général et ancien premier ministre d'Hosni Moubarak). Le 17, au deuxième tour, Mohamed Morsi est déclaré vainqueur (52% des voix et 50% d'abstentions) après une semaine de tractations secrètes avec l'armée.
- Août 2012 : Le 11 août, l'ensemble des membres du Conseil militaire sont mis à la retraite, mais l'armée conserve le reste de ses avantages, dont son immense empire économique.
- Octobre 2012 : Le 2 octobre, des manifestations massives sont organisées. Place Tahrir, les manifestants sont agressés par des jeunes partisans des Frères musulmans, mais les jeunes révolutionnaires les chassent de la place. Ceci est symboliquement important, car auparavant, les Frères musulmans et les islamistes en général, avaient la réputation d'être les seuls capables de mobiliser massivement. Ce n'est manifestement plus le cas. Un retournement des rapports de forces commence à se produire sur ce terrain.
- Novembre 2012 : Le 15, manifestation au Caire pour la liberté syndicale et contre la volonté du gouvernement d'empêcher la création de syndicats indépendants. Le 23, manifestation place Tahrir contre le coup de force institutionnel du président Morsi qui se donne les pleins pouvoirs. Manifestations le 27 (1 mort au Caire et 80 blessés dans le delta du Nil).
- Décembre 2012 : poursuite des manifestations contre le projet de Constitution et la prise de pouvoir de Morsi aux cris de "Dégage !". Le 5 décembre, les milices des Frères dispersent par la force le sit-in devant le palais présidentiel et torturent des manifestants. Le 8 décembre, Morsi fait une deuxième déclaration constitutionnelle, où il dit que les décisions déjà prises sont inattaquables devant la justice. Le lendemain, l'Assemblée Constituante vote les 236 articles du projet de Constitution et décide que le référendum sur celui-ci aurait lieu la semaine suivante, rendant impossible toute campagne électorale. Le Oui l'emporte avec 64 % des suffrages exprimés, dans des conditions de fraudes massives. Le compromis passé entre les islamistes et les militaires est entériné dans la Constitution. Les civils continueront à être jugés par des cours martiales dans les affaires où les militaires sont impliqués
- Janvier 2013 : émeutes à Port-Saïd. Manifestations de la jeunesse radicalisée au Caire.
Population : 90 millions. Pays le plus peuplé du monde arabe. 17 millions d'habitants dans la mégalopole du Caire. La majorité de la population est musulmane sunnite. 10 millions de chrétiens coptes (orthodoxes, 165.000 catholiques). 10 à 20.000 berbérophones. La grande majorité des Juifs ont quitté l'Égypte (70.000 en 1947).
Le taux d'analphabétisme est supérieur à 40 %.
L'économie égyptienne est concentrée sur les rives et le delta du Nil, de petites superficies mais très fertiles. La plus grande part du pays est constituée de désert.
L'économie dépend fortement de l'agriculture, du tourisme, de l'apport financier des Égyptiens travaillant à l'étranger — principalement en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe — et des revenus du canal de Suez.
Agriculture. L'Egypte est le plus grand importateur de blé du monde. Des produits alimentaires sont subventionnés et le FMI conditionne ses prêts à leur suppression à l'abndon de ces subventions.
Chômage : 13% (2013, 9% avant la révolution), 25% chez les jeunes de 15 à 24 ans.
Pauvreté : Un Égyptien sur deux vit sous le seuil de pauvreté.
Aide financières des États-Unis de 2,1 milliards de dollars par an.
Femmes. La charia est devenue en 1980 source de droit. Si la polygamie est autorisée, un droit au divorce a été reconnu aux femmes en échange de leur renoncement à toute disposition financière liée au mariage.
- Conseil supérieur des forces armées (CSFA, SCAF). Conseil opaque de 18 généraux qui dirigent le pays par intérim depuis la révolution. Le maréchal (moushir) Mohammed Hussein Tantaoui est le ministre de la Défense et le chef du CSFA. Il a été ministre pendant deux décennies sous Hosni Moubarak. En décembre 2011, les manifestants ont demandé son départ.
Après la chute de Moubarak, l'armée a continué à détenir le pouvoir. Elle a été la colonne vertébrale du régime depuis les années 1950. Aujourd'hui le CSFA est soutenu par les Frères musulmans comme par les salafistes.
L'armée est très liée aux États-Unis qui lui fournissent une aide militaire annuelle de 1,3 milliards de dollars.
Les forces armées ont maintenu l'"État d'exception", continuent à faire des arrestations massives arbitraires, à pratiquer la torture et à condamner au cours de procès fabriqués dans des tribunaux militaires.
Les généraux sont à la tête d'un empire économique agroalimentaire et industriel.
- Président. Mohamed Morsi, Frère musulman, élu président en juin 2012. Vice-président copte. Morsi est titulaire du pouvoir exécutif mais aussi législatif car l'Assemblée du peuple a été dissoute.
- Justice. Les magistrats sont majoritairement des dignitaires de l'ancien régime.
- Assemblée constituante. Dominée par les islamistes. Déclarée illégitime par les magistrats.
- Assemblée du peuple. Dissoute. Les Frères musulmans y disposaient de 40% des sièges.
- Gouvernement : premier ministre Hicham Kandil.
- Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ). Façade politique des Frères musulmans (FM), seule organisation de masse en Égypte (plusieurs millions de membres et d'affiliés).
Kairat Al-Chater, millionnaire et célèbre ancien prisonnier politique. Il règne en maître sur l'organisation des Frères musulmans.
Parti réformiste fondamentaliste dont le slogan est : "L'islam est la solution" et qui veut appliquer les "fondements de la charia".
Ne sont pas opposés idéologiquement à un un accord avec les États-Unis (avec qui ils ont de nombreux liens).
Parti le mieux organisé du pays. Organisation secrète à la discipline militaire basée sur le tanzim, la hiérarchie. L'instance consultative est le Maglis Al-Choura.
Leur base est très large et diversifiée : hommes d'affaires, commerçants, étudiants, fonctionnaires, pauvres vivant de l'économie informelle, agriculteurs, propriétaires terriens, représentants de la nouvelle classe moyenne. Cette diversité sociale ne peut que faire éclater le mouvement en plusieurs partis islamistes sur les questions économiques et sociales.
Les Frères musulmans s'appuient sur un réseau de charité, dont 23 hôpitaux qui soignent gratuitement 2 millions de personnes. Ces hôpitaux offrent de meilleurs soins que ceux de l'État.
L'argent des Frères musulmans vient des collectes de charité et des pays du Golfe Persique (Qatar).
Élections : décembre 2005 : 88 sièges. Décembre 2011 : 40%.
- Hezb Al-Nour. Parti de la lumière. Salafistes (1). Organisation fondée, quatre mois après le soulèvement qui a renversé Moubarak, par la plus importante organisation salafiste égyptienne, la dawa salafiya d'Alexandrie. Organisation obscurantiste qui revendique 100.000 membres. Financée par le Qatar. Influents dans les zones très pauvres. Pour l'interdiction de la mixité au travail. Président : Emad Abdel Ghafour (un des conseillers du président Morsi).
Élections : décembre 2011 : 25 %. Deuxième force politique du nouveau Parlement.
- Gamaa Al-Ismaliya. Mouvement islamiste ultra-conservateur.
- Al-Azhar. Plus haute instance religieuse sunnite. Institution islamique égyptienne compromise avec l'ancien régime. Ahmed Al-Tayyeb.
- Al-Wafd. Parti libéral nationaliste. Parti historique de la bourgeoisie égyptienne le plus ancien des partis égyptiens. Ses candidats aux élections législatives de décembre 2011 étaient souvent d'anciens membres du PND.
- Front du salut nationak (FSN). principale coalition de l'opposition. Regroupe des organisations libérales, laïques et de gauche : les nationalistes du Courant populaire égyptien du nassérien Hamdîn Sabbahi, les libéraux comme le Parti des Libres Égyptiens, le Wafd, le Parti de la Constitution de Mohamed El-Baradie, des groupes jeunes comme le Front démocratique du 6 avril, la gauche avec le modéré Parti démocratique social égyptien, le Tagammu’ (Rassemblement), l’Alliance populaire socialiste, le Parti socialiste d’Égypte et les Socialistes révolutionnaires ou encore l’Association nationale pour le changement
- Couant populaire. Hamdîn Sabbahi. Candidat qui a surpris tout le monde lors du premier tour de la présidentielle en arrivant en troisième position et en emportant même l’élection au Caire et à Alexandrie, les deux plus importantes concentrations urbaines. Sabbahi est parvenu à représenter ceux qui cherchent une alternative de gauche tant à l’ancien régime qu’aux forces islamiques.
- Parti des Égyptiens libres. Fondé par Naguib Sawiris (copte), milliardaire à la tête de l'Empire Mobinil (télécoms). Collabore avec l'armée pour limiter le poids des islamistes.
- Al-Ghad. Parti libéral.
- Parti social-démocrate
- Al-Adl. Nouveau parti du centre.
- Mouvement révolutionnaire du 6 avril. Un des piliers du soulèvement de la place Tahrir. Fondé en 2008 par Ahmed Maher à l'occasion d'une tentative ratée d'appel à une grève nationale. Appelle au soulèvement contre l'armée et dénonce les crimes de celle-ci.
- Nous sommes tous Khaled Saïd. Organisation de jeunes.
- Kifaya (Assez !)
- Front des forces socialistes.
- Courant égyptien. Formé par des ex-jeunes militants des Frères musulmans déçus par la stratégie de la confrérie.
- Tagammu'. Rassemblement. Parti légal sous l'ancien régime qui disposait de quelques sièges au Parlement. Journal : al Ahâlî
- Tahaluf. Alliance populaire socialiste.
- Parti communiste égyptien.
- La révolution continue. Alliance de partis de gauche. 3% des voix à la première phase des élections.
- Parti socialiste d'Egypte (PSE). Contrairement à ce pourrait laisser penser son nom, ce parti regroupe essentiellement des militants issus de différents courants de la gauche marxiste. Une de ses figures emblématiques est le vétéran communiste Fathallah Mahrous. Le PSE, qui a vu le jour après le départ de Moubarak, est peu présent dans la jeunesse. Il a par contre une influence dans le monde du travail par le biais de militants participant, depuis les années 1990, à la construction d’un syndicalisme indépendant du pouvoir.
- Parti démocratique des travailleurs. Fondé le 25 février 2011.
- Tagdid. Renouveau socialiste. Créé en 2010.
- Socialistes révolutionnaires. Participe à la création du Parti démocratique des travailleurs.
- Ligue des jeunes révolutionnaires progressistes.
- Ex-Parti national démocratique (PND). Parti présidentiel du déchu Hosni Moubarak. Aujourd'hui dissous, le PND comptait 3 millions de militants. Mis en sommeil, il reste aujourd'hui encore efficace. Les membres de ce parti qui s'accrochent encore au pouvoir sont appelés les foulouls (les "résidus" de l'ancien régime). Ils conservent du poids dans la haute administration et des appuis dans la magistrature. Ahmed Chafiq, général à la retraite, ancien président d'Egypt Air et ancien premier ministre de Moubarak s'est présenté à l'élection présidentielle de mai 2012. Sa campagne électoral, soutenue par l'armée, a été payée par des patrons fortunés.
Il y a plus de 350 syndicats indépendants, dont 150 sont affiliés à EFITU (février 2012). L'adoption de la loi qui autorise la création de syndicats indépendants a été repoussée par le gouvernement des Frères musulmans.
- Comité de coordination. Réunit mensuellement de façon informelle des militants syndicaux combatifs.
- Egyptian Federation of Independent Trade Unions (EFITU). Fédération égyptienne des syndicats indépendants. Créée en mars 2011, au moment de la révolution, ses rangs ont gonflé à presque 1,5 million de membres en quelques mois. 150 syndicats y sont affiliés.
- CTUWS Centre de services pour les syndicats et les travailleurs. Fondé en 1990 dans la banlieue du Caire par Kamal Abbas et l’avocat Youssef Darwiche. Ces dernières années, le CTUWS a été très impliqué dans le soutien aux luttes, et en particulier à celles ayant eu lieu dans le textile et les impôts fonciers. Dans le cadre de la révolution actuelle, le CTUWS est fortement engagé dans l’aide à la création de syndicats indépendants [1].
Secrétaire général : Kamal Abbas. A été condamné en février 2012 par contumace à 6 mois d'emprisonnement pour insulte au représentant de l'État, Ismail Fahmy, président du syndicat ETUF, le syndicat officiel du régime de Moubarak.
- Syndicat indépendant des professeurs d'écoles.
- Fédération égyptienne des enseignants
- Syndicat des collecteurs d'impôts. Créé en 2008.
- Syndicat indépendant des travailleurs postaux
- Syndicat indépendant des travailleurs de l'administration des Transports Publics
- Front pour le changement des industries sucrières. Comité de coordination qui a commencé le processus de création d'un syndicat indépendant.
- Egyptian Trade Union Federation (ETUF). Centrale syndicale officielle sous la dictature Moubarak. A été dissoute le 4 août 2011. Président : Ismail Fahmy.
- Centre d'assistance juridique aux femmes égyptiennes. Dirigé par Mme Azza Soliman.
- Human Rights Watch. Mme Heba Morayef.

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