Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Allemagne

Mise à jour : juillet 2012

Événements politiques

  • 1982 : arrivée au pouvoir du chancelier CDU Helmut Khol.
  • 1989 : chute du Mur de Berlin.
  • 1990 : réunification allemande en octobre. 3 millions d'Allemands vont quitter l'Est pour s'installer à l'Ouest pour chercher du travail.
  • 1997 : suppression de l'impôt sur la fortune.

  • 2002 : mise en place par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder de la "commission Hartz" et de "l'agenda 2010" responsable de la politique de bas salaires.
  • 2005 : Angela Merkel (CDU) est élue chancelière. Elle dirige jusqu'en 2009 une "grande coalition" avec le SPD. Entrée en application d'Hartz IV, réforme qui durcit les conditions d'indemnisation des chômeurs de longue durée. Instauration des emplois à 1,5 euro de l'heure.
  • 2009 : Angela Merkel est réélue chancelière. Elle prend la tête d'un gouvernement de coalition CDU FDP (libéraux). Die Linke entre au Bundestag avec presque 12 % des voix.
  • 2009-2010 : crise économique. Les entreprises en difficulté ont recours au chômage partiel.
  • 2011 : le 26 mars, 250.000 personnes manifestent contre le nucléaire (Berlin, Munich, Hambourg, Cologne). 90.000 travailleurs des télécommunications, 90 % des conducteurs de train et 1,9 millions d'agents régionaux de la fonction publique (écoles, hôpitaux, administrations etc.) mènent des actions syndicales et des grèves pour des augmentations salariales.
  • 13 mai 2012. Élections en Rhénanie-Westphalie. Défaite du CDU. Die Linke : 2,5%.
  • 22 septembre 2013 : élections législatives.
  • Chronologie politique de l'Allemagne
carte de l'Allemagne

© Inprecor/jr

Point actualisé sur l'économie

Population : 82 millions d'habitants, 41 millions d'actifs. Démographie faible : d'ici 2021, le nombre d'écoliers allemands va diminuer de 30%. L'Allemagne est divisée en 16 États-régions. Répartition équilibrée de la population. Hambourg et Munich sont les deux villes les plus importantes d'Allemagne sur le plan économique, avec chacune deux millions d'habitants. Derrière ces deux métropoles, il y a une dizaine de villes dont la population oscille entre 700.000 et un million d'habitants.

IDH : 2010 : 0,903.

PIB et croissance : Quatrième puissance économique mondiale (décembre 2011). 2007 : 2,5%. 2009 : -4,7%, profonde récession. 2010 : 3,6 %. 2011 : 3 %. 2012 : 0,9%. Prévision 2013 : 1,6%. Croissance cumulée de 8,6 % entre 2006 et 2011. Repose en grande partie sur l'exportation.

Inflation. 2007 : +2,3%. 2012 : +2,2%.

Dette publique (en % du PIB) : 2007 : 65% ; 2008 : 38,8 % ; 2009 : 43,8 % ; 2010 : 83 % (plus qu'en France) ; 2012 : 81%.

Déficit public (en % du PIB) : 2007 : +0,2% ; 2008 : -0,1% ; 2009 : -3,2 % ; 2010 : -4,3% soit 2036 milliards d'euros ; 2011 : moins de 1% ; 2012 : -1%.

Exportations. L'économie est tirée essentiellement par les exportations (automobiles, machines outils, produits chimiques). Relativement à sa population, l'Allemagne est la premier pays exportateur du monde.

Entreprises : 70% des effectifs du privé travaillent dans des entreprises de 1 à 500 salariés. Ces PME sont largement tournées vers l'exportation. Ce tissu industriel de PME s'appelle le Mittelstand.
Le patronat allemand a délocalisé la production des pièces (automobile, par exemple) dans des pays de l'ancienne Europe de l'Est, profitant d'une main d'œuvre qualifiée à moindre coût. L'Allemagne conserve l'assemblage final et le marketing.
Quand l'entreprise est en surcapacité de production, le système de Kuzarbeit (chômage partiel) est mis en oeuvre. Il consiste à réduire les horaires et les salaires pour une période qui ne peut dépasser 6 mois. Durant ce laps de temps,le Pôle emploi prend en charge de 60% à 67% du manque à gagner pour le salarié.

Énergie : Un ménage allemand consomme 25% à 30% d'énergie de moins qu'un ménage français. Dépendance au gaz russe.
Nucléaire : Voir ici.
Énergies renouvelables : La part des énergies renouvelables est de 18 % à 35 %. Elle devrait être de 35% en 2020 et 80% en 2050. 350.000 personnes sont employées dans les énergies renouvelables. Construction d'éoliennes dans le nord et d'un réseau à haute tension (4.500 km, 25 milliards d'euros) pour transporter l'électricité dans le sud.

Agriculture. 1% du PIB. Les exportations agro-alimentaires de l'Allemagne dépassent celles de la France (2012).

Armement : l'Allemagne est le troisième exportateur mondial d'armements (sous-marins, chars, bateaux), derrière les Etats-Unis et la Russie. Ces fabrications concernent 80 000 emplois (décembre 2011).

Salaires : recul du salaire réel moyen de 4,5 % entre 2000 et 2009. Augmentation de 1,9 % entre 2010 et 2011. Les 40% inférieurs des salariés ont vu leur pouvoir d'achat diminuer.
Il n'y a pas de salaire minimum en Allemagne. Le DGB réclame un salaire minimum à 8,50 euros de l'heure.
1,3 million de salariés travaillent à seulement 5 euros l'heure. 22%, presque 7 millions, des employés touchent 8,50 euros l'heure.
Travailleurs pauvres : 7,4 millions de salariés occupent un "mini job" très peu payé 5450 euros par mois au plus). Ces emplois concernent pour les deux tiers des cas des femmes (août 2011). Ces "mini jobs" ont été favorisés par la deuxième loi Hartz qui exonèrent de charges salariales pour les emplois de moins de 400 euros mensuels.

Pauvreté et richesse : Les riches ne cessent de s'enrichir et les différences se creusent.
10% des foyers les plus riches regroupent plus de la moitié du patrimoine net total (2012).
15,1 % d'Allemands vivent en-dessous du seuil de pauvreté (2012) soit avec moins de 848 euros net par mois pour une personne seule. 6 millions de salariés gagnent moins que 8 euros de l'heure (2012). L'espérance de vie des personnes à bas revenus a baissé. Les pauvres le restent à vie.

Chômage (en % de la population active) : 2003 : 9%, 4 millions de chômeurs. 2005 : 11%. 2011 : 6,5 % de la population active (3 millions de chômeurs), 3,5% en Bavière mais 13,5 % à Berlin. 2007 : 8,6%. 2011 : 5,8%. 2012 : 5,5%. 2013 : 7,1%
La proportion de jeunes à la recherche d'un emploi est la même que la moyenne nationale.
Lois Hartz : La première loi Hartz de 2010 a obligé les chômeurs a accepter un emploi moins rémunéré que leur allocation chômage. La troisième loi Hartz a rendu plus difficile l'accès à l'allocation chômage (il faut avoir travaillé un an au cours des deux dernières années). La durée de l'allocation est réduite à un an (contre deux à trois ans auparavant). Les chômeurs de longue durée sont appelés des "Hatyz IV", du nom de la quatrième loi. La quatrième loi Hartz a fusionné l'aide aux chômeurs de longue durée (plus de 12 mois) avec l'aide sociale.
L’Allemagne est le seul grand pays développé où l’emploi se soit maintenu depuis 2008, notamment grâce au chômage partiel.

Retraites : l'âge de la retraite a été poussé à 67 ans progressivement à partir de 2012.

Santé. Système composé d'une ou deux assurances maladie à but non lucratif, auxquelles cotisent toutes les personnes jusqu'à un certain niveau de revenus. Le montant des cotisations dépend du montant des revenus. Le système est autonome, l'étendue de la couverture est définie par la loi. L'assurance effectue directement le paiement des médecins et des hôpitaux selon un barème de prix fixes tarifés à l'acte. Généralement tous les diagnostics et traitements « nécessaires » sont payés.
A l'exception des hôpitaux, les institutions sont des entreprises privées.
Un forfait trimestriel de 10 euros lors des consultations médicales est à la charge du patient.

Partis et forces politiques

  • Président. Joachim Gauck
  • Gouvernement. L'Allemagne a été dirigée, entre 2005 et 2009, par une "grande coalition" des chrétiens-démocrates aux socio-démocrates (SPD). Cette coalition CDU/CSU-FDP dispose de 330 sièges au Bundestag sur 620.
  • CDU-CSU. Chrétiens-démocrates. Parti présidé par Angela Merkel. 500.000 adhérents. 75% des adhérents et 80% des députés sont des hommes. Le CSU représente les chrétiens-démocrates de Bavière.
  • FDP. Petit parti de la droite libérale. Allié au gouvernement avec la CDU. Secrétaire général : Christian Lindner (a démissionné). Présidé par Philipp Rösler, ministre de l'Économie et vice-chancelier. Parti en voie de marginalisation. Réclame la baisse des impôts.
  • Alternative pour l'Allemagne (AfD). Pari anti-euro. Créé en avril 2012. 8.000 adhérents. Bernd Lucke.
  • Parti social-démocrate (SPD). Parti social-démocrate. Peer Steinbrück, candidat à la chancellerie. Il représente l'aile droite du parti.
  • Verts
  • Die Linke. La gauche. Parti de la gauche radicale. Co-présidé par Klaus Ernst et Gezine Lötzsch. Gregor Gysi est président du groupe parlementaire qui compte 76 députés. Bernd Riexinger.
    Parti issu de la fusion en 2007 du PDS (successeur du Parti communiste de RDA, fortement enraciné dans les Länder de l’est) et de militants du WASG (regroupement à gauche du SPD et des Verts) emmenés par Oskar Lafontaine.
    Parti bien implanté dans les Länder de l'ex-Allemagne de l'Est. 70.000 adhérents.
    Le gouvernement du land de Brandebourg est formé d'une coalition SPD-Die Linke. A Berlin, Die Linke, battu aux élections (septembre 2011), ne fait plus partie de la coalition gouvernementale. A Berlin, comme dans d'autres régions, Die Linke a soutenu quand elle était dans le gouvernement du Land, la privatisation de la compagnie de l'eau et des logements.
    Élections. 2009 : 111,9 % 1,9 % , 76 sièges au Bundestag (sur 622).
    • Antikapitalistische Linke (AKL). Courant de gauche dans Die Linke.
  • Revolutionär Sozialistischer Bund (RSB) (Ligue socialiste révolutionnaire). Un des deux deux courants publics de la section allemande de la IVe Internationale
  • Internationale sozialistische linke (ISL). Un des deux courants organisés de la section allemande de la IVe Internationale.
  • Marxistisch-Leninsistische Partei Deutschland (MLPD) : Parti marxiste-leniniste d’Allemagne. Organisation se réclamant de Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao Zedong, dirigée par Stefan Engel, qui regroupe plus d’un millier de militants en Allemagne. Fondé sous sa forme actuelle en 1982, le MLPD a réussi à faire élire une dizaine de conseillers municipaux. Aux élections législatives de 2009 il a présenté des listes dans 16 Lander, obtenant 0,1 % des suffrages. Fait partie de la Coalition internationale des partis et organisations révolutionnaires (ICOR).
  • Parti des pirates. Ont obtenu 8,9 % aux élections du land de Berlin. Parti de jeunes qui réclament la liberté absolue sur internet et une transparence absolue sur la façon de faire de la politique. Sur le plan social, il reprend cependant certaines revendications de Die Linke, ou des points programmatiques des Verts en matière de défense des droits civiques et des libertés individuelles. Les Pirates sont à la fois pour la gratuité des transports publics et pour la « règle d’or », donc pour les restrictions budgétaires.
  • Gauche interventionniste. Réseau post-autonome, politiquement hétérogène (entre autres dans ses rapports avec Die Linke), reconnu pour sa capacité à organiser des mobilisations militantes telles que le blocage du sommet du G8 à Heiligendamm en 2007 ou les initiatives autour du transport de déchets nucléaires.
  • NPD. Parti néo-nazi. Ces dix dernières années, 3 néo-nazis, aidés de complices, ont tué au moins neuf personnes étrangères sans que la police ne réussisse à enquêter sur ces crimes.

Organisations syndicales

En Allemagne, les fonctionnaires — les enseignants par exemple — n'ont pas le droit de grève.

  • Confédération syndicale DGB. Présidée par Michael Sommer, très proche de l'opposition sociale-démocrate.
  • ver.di Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft — Fédération unifiée des services. 
  • IG Metall. Syndicat de la métallurgie présidé par Berthold Huber.

Organisations de lutte

  • Europa von Unten (L'Europe d'en bas). Réseau d'organisations et d'individus fondé en juin 2004 lors de la rencontre européenne des ATTACs pour lutter à l'échelle européenne contre l'austérité, les privatisations, la militarisation, la destruction de la nature.

Sites recommandés sur l'Allemagne

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