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Communiqué

N° 562-563 juin-juillet 2010

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Une d'Inprecor

Sur ce sujet : Europe

Europe Initiatives de la gauche anticapitaliste européenne. (Inprecor 588-589 décembre 2012)

Union européenne Éléments de contribution à l’analyse de la situation politique. Josep Maria Antentas * (Inprecor 588-589 décembre 2012)

EUROPE Lettre ouverte de la LCR-SAP Belgique aux militants du Front commun syndical. Céline Caudron porte-parole de la LCR-SAP * (Inprecor dernieres octobre 2012)

EUROPE Une stratégie pour rompre avec l’Europe du capital et avancer vers un autre modèle supranational solidaire. Daniel Albarracín * (Inprecor 577-578 octobre-novembre 2011)

EUROPE Conférence européenne le 1er octobre 2011. (Inprecor 575-576 juillet-septembre 2011)

Crise du capitalisme La crise comme prétexte aux attaques des droits collectifs. Robert Pelletier * (Inprecor 569-570 janvier-février 2011)

1/04/2011 Conseil européen de Bruxelles Une « révolution silencieuse » néolibérale. LCR-Web * (Inprecor dernieres 2011)

EUROPE 9/9/2011 Déclaration mouvement 15M de la Puerta del Sol (Espagne) et l’Assemblée Populaire de Syntagma (Grèce). (Inprecor dernieres 2011)

Internationalisme - Europe Troisième conférence anticapitaliste européenne, un encourageant pas en avant. Yvan Lemaître * (Inprecor 567-568 novembre-décembre 2010)

Internationalisme - Europe Déclaration de la conférence anticapitaliste des 16 et 17 octobre à Paris. Voir liste des signataires (Inprecor 567-568 novembre-décembre 2010)

EUROPE

Déclaration sur la crise européenne

Par 49 organisations anticapitalistes européennes de 23 pays

Dublin, 21 février 2009. Manifestation de 120 0000 personnes à Dublin contre la gestion par le gouvernement de la crise économique. © William Murphy

Dublin, 21 février 2009. Manifestation de 120 0000 personnes à Dublin contre la gestion par le gouvernement de la crise économique. © William Murphy

1. La crise économique globale continue. Des quantités énormes d'argent ont été injectées dans le système financier – 14 000 milliards de dollars pour les mesures de sauvetage aux États-Unis, en Grande-Bretagne et dans la zone euro, 1 400 milliards de dollars en nouveaux prêts bancaires en Chine l'année dernière – autant d'efforts pour donner une nouvelle stabilité à l'économie mondiale. Mais ces efforts seront-ils suffisants pour produire un rétablissement durable ? La question reste ouverte. La croissance reste très molle dans les économies avancées, tandis que le chômage continue d'augmenter. Il y a des craintes qu’une nouvelle bulle financière, centrée cette fois ci sur la Chine, soit en train de se développer. Le caractère prolongé de la crise – qui est la plus grave depuis la Grande Dépression – est symptomatique du fait qu'elle trouve ses racines dans la nature même du capitalisme en tant que système.

2. Après une vague sévère de suppressions d’emplois, en Europe le centre de la crise est maintenant sur le secteur public et sur le système de protection sociale. Les mêmes marchés financiers qui ont été sauvés grâce aux plans de sauvetage sont à présent sur le pied de guerre contre l'augmentation de la dette publique que ces plans ont entraînée. Ils demandent des réductions massives dans les dépenses publiques. C'est là une tentative ayant un caractère de classe pour faire payer les coûts de la crise non à ceux qui l'ont déclenchée – avant tout, les banques – mais aux travailleurs-es – non seulement à ceux qui sont employés dans le secteur public, mais aussi à tous les usagers des services publics. Les exigences d'austérité et de « réforme » du secteur public montrent de la manière la plus claire que le néolibéralisme, discrédité sur le plan intellectuel par la crise, continue néanmoins de dominer la prise de décision politique.

3. La Grèce est actuellement au cœur de la tempête. Comme plusieurs autres économies européennes, elle est particulièrement vulnérable, en partie du fait d'une accumulation de dette durant la phase d'expansion, en partie parce qu'elles a du mal à rivaliser avec l'Allemagne, le géant de la zone euro. Sous la pression des marchés financiers, de la Commission Européenne et du gouvernement allemand, le gouvernement de Geórgios Papandréou s'est assis sur ses promesses électorales et a annoncé des coupes budgétaires qui équivalent à 4 % du produit national.

4. Heureusement, la Grèce possède une histoire riche en résistances sociales depuis les années 1970. À la suite de la révolte de la jeunesse, en décembre 2008, le mouvement ouvrier grec a répondu au paquet de coupes budgétaires gouvernementales avec une vague de grèves et de manifestations.

Nous saluons aussi l'exemple du référendum en Islande dans lequel le peuple a rejeté le principe du remboursement de la dette imposé par les banques.

5.. Les travailleurs grecs ont besoin de la solidarité des révolutionnaires, des syndicalistes et des anticapitalistes de tous les pays. La Grèce n'est que le premier pays européen à se retrouver visé par les marchés financiers, la liste de leurs objectifs potentiels en comprend beaucoup d'autres, en premier lieu l'état espagnol et le Portugal.

6. Nous avons besoin d'un programme de mesures qui puissent sortir l'économie de la crise sur la base de la priorité donnée aux besoins sociaux plutôt qu'aux profits et qui impose un contrôle démocratique sur le marché. Nous devons nous battre pour une réponse anticapitaliste : nos vies, notre santé, nos emplois valent plus que leurs profits.

Toutes les coupes dans les budgets publics domestiques doivent être arrêtées ou inversées :

● arrêt des « réformes » des systèmes de retraite ;

● la santé et l'éducation ne sont pas à vendre ;

● un droit garanti à l’emploi et un programme d'investissement public dans des emplois verts : transports publics, industries des énergies renouvelables et adaptation des bâtiments privés et publics pour réduire les émissions de dioxyde de carbone ;

● Pour un système bancaire et financier public unifié sous le contrôle populaire !

● Les immigrants et les réfugiés ne doivent pas être les bouc-émissaires de la crise : des papiers pour tous !

● Non aux dépenses militaires : retrait des troupes occidentales d'Irak et d'Afghanistan, réductions massives des dépenses militaires, et dissolution de l'Otan.

7. Nous décidons d'organiser des activités de solidarité dans toute l'Europe contre les réductions des budgets sociaux et les attaques capitalistes. Une victoire des travailleurs grecs renforcera la résistance sociale dans tous les pays. ■

Signataires

► Allemagne : internationale sozialistische linke, marx21, Revolutionär Sozialistischen Bund ;

► Autriche : Linkswende ;

► Belgique : Ligue Communiste Révolutionnaire - Socialistische arbeiderspartij ;

► Croatie : Radnička borba ;

► Chypre : Ergatiki Dimokratia, Yeni Kibris Partisi ;

► Danemark : Socialistisk Arbejderparti ;

► Écosse : Scottisch Socialist Party ;

► État Espagnol : En lucha/En lluita, Izquierda Anticapitalista, Partido Obrero Revolucionario ;

► France : Nouveau Parti Anticapitaliste ;

► Grande-Bretagne : Socialist Resistance, Socialist Workers Party ;

► Grèce : Aristeri Anasynthesi, Aristeri Antikapitalistiki Syspirosi, Organosi Kommuniston Diethniston Elladas-Spartakos, Sosialistiko Ergatiko Komma, Synaspismos Rizospastikis Aristeras ;

► Italie : Sinistra Critica ;

► Irlande : People Before Profit Alliance, Socialist Workers Party ;

► Pays-Bas : Internationale Socialisten, Grenzeloos ;

► Pays Basque : Ezker Gogoa ;

► Pologne : Polska Partia Pracy, Pracownicza Demokracja ;

► Portugal : Bloco de Esquerda ;

► Russie : Vpered ;

► République Tchèque : Socialistická Solidarita ;

► Serbie : marks21 ;

► Suède : Socialistiska Partiet ; Socialistiska Partiet ;

► Suisse : Gauche anticapitaliste, Mouvement pour le socialisme /Bewegung für Sozialismus, solidaritéS ;

► Turquie : Devrimci Sosyalist İşçi Partisi, Özgürlük ve Dayanışma Partisi.

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